Betclic Poker

Les lois de la TDA

Tournament Directors Association
Commentaires de François Montmirel (extraits de son livre "Poker de Tournoi")

LOI 1 - Les floormen

Les floormen doivent prendre leurs décisions dans le souci le plus aigu des intérêts du jeu et de la justice. Des circonstances inhabituelles peuvent, le cas échant, dicter un contournement exceptionnel d'une loi si cela préserve la justice du jeu. La décision d'un floorman est définitive.

C'est la loi suprême. Elle cadre le rôle tout-puissant du floorman, personnage qui fait le pendant de l'arbitre dans les sports d'équipe. Elle implique aussi que, de leur côté, les établissements doivent veiller à former des floormen qui soient capables d'assumer ce rôle essentiel.

LOI 2 - Chip race

Quand le moment est venu d'éliminer les jetons inutiles, un tirage au sort a lieu entre les joueurs pour attribuer les jetons de remplacement, avec au maximum un jeton nouveau par joueur. Ce "chip race" commence au joueur n°1 (assis immédiatement à gauche du donneur de la maison). Si un joueur possède moins que le jeton minimal qui prévaudra après le chip race, et s'il perd le chip race, il n'est pas éliminé mais se voit attribuer un jeton minimal avec lequel il poursuit le tournoi.

Exemple : Comme on passe du palier 10-25 au palier 25-50, on va éliminer les jetons de 5 au bénéfice des jetons de 25. Après change des jetons en place, il reste quatre joueurs possédant chacun deux jetons de 5. Le personnel arrondit au jeton supérieur et sait qu'il va donc donner deux jetons de 25. Les cartes sont données à raison d'une par jeton à éliminer, et les deux joueurs qui possèdent les deux meilleures cartes reçoivent chacun un jeton. Si le même joueur possède les deux meilleures cartes, il ne reçoit qu'un jeton, le deuxième jeton étant attribué à celui des trois autres joueurs qui possède la meilleure carte. C'est cette dernière disposition qui est importante car elle évite que la chance attribue un bénéfice important à un seul joueur lors d'un chip race.

L'autre disposition importante, qui a d'ailleurs été ajoutée en 2004 par la TDA, est dans la dernière partie de la loi et empêche qu'un joueur, dût-il ne plus posséder qu'un seul jeton minimal, ne saurait être éliminé à cause d'un chip race. La solution est donc la suivante : si le chip-race lui attribue un jeton, il continue le tournoi; sinon, l'organisation lui en donne un et il continue le tournoi.

LOI 3 - Jeton indivisible

Le jeton indivisible est celui qui reste après que le croupier a divisé le pot avant de le partager. Il s'agit forcément d'un jeton minimal.
Le jeton indivisible est attribué à la main haute. S'il existe au moins deux mains hautes ex-aequo :

  • Dans les jeux à tableau (comme l'Omaha hi-lo), le jeton indivisible est attribué au joueur le plus proche du bouton dans le sens de la donne.
  • Dans les jeux à affichage (comme le stud à 7 cartes hi-lo), le jeton indivisible est attribué au joueur dont la carte la plus élevée est gagnante en famille (l'ordre décroissant des familles étant : pique, cour, carreau et trèfle).

Exception : le croupier tentera de partager au mieux dans le cas de mains identiques, par exemple deux "roues" en Omaha hi-lo.

Cette loi met fin au flou artistique qui régnait dans ce domaine, même si cela porte souvent sur des sommes minimes.
L'exception à la loi n'est pas claire a priori, mais elle s'explique avec l'exemple suivant. Supposons qu'un coup d'Omaha hi-lo soit gagné par deux joueurs possédant la roue (A-2-3-4-5) et que le pot contienne 19 jetons. Le pot est d'abord divisé en deux, soit 9/9, et tout de suite le jeton indivisible revient au joueur A, le plus proche du bouton. Ensuite, la moitié pour le haut est divisée en deux (4/4), et le jeton indivisible est attribué au joueur A. Quant à la deuxième moitié, elle subit le même sort. Au final, le joueur A a touché 11 (1 + 1 + 4 + 1 + 4) et le joueur B a touché 8 (4 + 4). La loi dispose que le donneur doit faire un calcul global, donnant 10 jetons à A et 9 à B.

LOI 4 - Side-pots

Chaque side-pot sera séparé physiquement du pot principal. Les side-pots ne seront pas mélangés ensuite.

Rappelons que l'on attribue toujours les side-pots en commençant par le plus "extérieur", c'est-à-dire par celui qui a été formé en dernier, puis par celui qui a été formé avant lui, et ainsi de suite jusqu'au pot principal.

LOI 5 - Temps de réflexion

Quand un joueur est en train de réfléchir depuis un temps "raisonnable", le croupier lui signale qu'il lui reste une minute pour prendre sa décision définitive. Le croupier lui signale ensuite les dix dernières secondes. Si le joueur n'a toujours pas pris sa décision, sa main est disqualifiée.

On voit trop souvent de joueurs qui multiplient les délais de réflexion, parfois même pour finalement prendre une décision que l'on nommera "d'intox" (par exemple relancer all-in avec la main max). C'est pour éviter les dérapages de ce genre que cette loi est utile.

LOI 6 - Bouton mort

Le jeu en tournoi applique la règle du bouton mort (dead button).

Cette règle consiste, quand un joueur est éliminé et qu'il aurait dû avoir le bouton au coup suivant, à attribuer le bouton à sa place vide. Cette loi est plus simple que celle qui consiste à attribuer deux fois de suite le bouton au même joueur, même si le résultat est le même.

LOI 7 - Pénalités

Une pénalité peut être appliquée dans le cas d'un joueur qui montre une carte en cours de jeu, si une carte tombe de la table, dans le cas de "soft play", ou incident similaire.
Une pénalité doit être appliquée dans le cas d'un comportement insultant ou perturbant, ou incident similaire.

Signalons que le "soft play" est un mode de jeu biaisé par la présence d'un ami à la table. Ici, il s'agit ni plus ni moins de lui montrer une carte en faisant croire que c'est un accident.
Le premier article de cette loi donne une certaine amplitude d'action au floorman, qui juge alors du côté intentionnel de la faute. Effectivement, on ne saurait sanctionner un joueur qui, à peine après avoir reçu ses cartes, en laisse tomber une accidentellement sur la table - d'autant que cette révélation à ses adversaires le vulnérabilise. En revanche, un joueur qui répète cette faute souvent sera sanctionné à juste titre. Quant à celui qui étale son jeu complètement en étant le dernier à parler au dernier tour, celui-là mérite une sanction exemplaire.

LOI 8 - Joueur absent

Un joueur doit être attablé au moment où la dernière carte du premier tour de donne est distribuée. Dans le cas contraire, sa main est disqualifiée. En stud, la main qui doit miser l'ouverture forcée paie l'ouverture, puis est immédiatement disqualifiée si son propriétaire est absent.

On ne peut que saluer cette loi qui sanctionne les joueurs qui passent leur temps à se lever de table pour aller se dégourdir les jambes. Elle a aussi un intérêt stratégique : les joueurs commencent à phosphorer dès leur première carte et ils doivent savoir combien de joueurs seront dans le coup. Le retour in extremis d'un joueur absent est toujours désagréable quand on a déjà fait des prévisions.
C'est encore pire quand ce n'est pas un, mais deux ou trois joueurs qui reviennent à la dernière seconde. Cela remet clairement en cause la stratégie de chacun.
Autre cas observé maintes fois en tournoi : certains joueurs prenaient un temps infini pour parler, simplement parce qu'ils avaient aperçu leur copain qui revenait à la table et qu'ils savaient qu'il serait revenu dans vingt secondes. Inversement, ils se dépêchaient de jouer si ce joueur n'était pas leur copain !
Enfin, signalons le cas toujours possible, déjà observé, du joueur qui "jette un oil" rapide mais efficace à la main d'un ou deux adversaires au moment où il revient s'asseoir. C'est de la tricherie pure.

LOI 9 - Pré-abattage

Si tous les joueurs encore en lice sont all-in sauf un, les cartes doivent être abattues même si la donne n'est pas terminée.

Cette loi, dorénavant appliquée dans tous les clubs sérieux du monde, a été vivement critiquée quand elle a été introduite au début des années 2000. Les pros accordent une importance primordiale au secret des cartes, et cette loi l'enfreint. En revanche, elle empêche toute collusion et c'est bien sûr sa raison d'être. Aujourd'hui, tous les joueurs l'appliquent sans y voir à redire.

LOI 10 - Relance

Si le montant d'une relance est inférieur à l'enchère en cours mais au moins égale à la moitié de celle-ci, le relanceur devra porter sa relance à la hauteur de l'enchère en cours.

Exemple : un joueur ouvre à 100. Le joueur suivant relance à 170. Il devra alors arrondir sa relance à 200.
En revanche, si la relance est inférieure à la moitié de l'enchère en cours (par exemple, dans notre exemple, 140), le relanceur doit se contenter de suivre (donc, dans notre exemple, s'aligner à 100).

LOI 11 - Gros jeton

Dans les tournois à limites fixes ("limit"), un joueur qui mise un gros jeton sans rien dire est réputé suivre l'enchère en cours. S'il désire relancer, il doit le spécifier quand il pose son jeton.

Dans les tournois no limit, un gros jeton misé avant le flop sans annonce signifie que le joueur suit. Après le flop, un gros jeton misé par l'ouvreur initial sans annonce constitue la hauteur de l'ouverture. Si un joueur dit qu'il relance et mise un gros jeton, celui-ci constitue sa relance, à moins bien sûr qu'il spécifie le montant de celle-ci; en pot-limit, si le jeton est supérieur à la hauteur du pot, la relance est à la hauteur du pot. S'il est inférieur au pot, elle est à la hauteur du jeton.

LOI 12 - Loi de l'unité

La loi de "un joueur, une main" est appliquée.

Cela paraît évident mais il faut le rappeler : il est interdit de jouer la main du voisin à sa place ou, inversement, que deux ou trois joueurs décident de jouer ensemble la main d'un autre joueur (même si, celui-ci étant débutant, il demande des conseils).
D'ailleurs, en matière de conseils, si un joueur en demande, il ne peut s'agir que d'indications factuelles et non stratégiques.
Par exemple, en Omaha, un débutant peut demander confirmation : "Il faut bien deux cartes en main ?", ou encore, en hold'em : "Le tableau est une quinte à l'As. Je peux jouer sans cartes personnelles ?"
En revanche, on refusera de répondre à : "Combien je dois miser si je veux relancer pour chasser l'adversaire ?", ou à : "J'ai un tirage à couleur max, est-ce que ça vaut le coup de suivre l'ouverture ?"

LOI 13 - Tirage au sort

Les places en tournoi et en satellites sont attribuées par tirage au sort.

Cette précaution évite des placements crapuleux, par exemple deux joueurs complices choisissant de s'asseoir à la même table.

LOI 14 - Langue

Dans les tournois ayant lieu aux Etats-Unis, seul l'anglais sera autorisé à la table.

On comprend le sens de cette loi quand on observe des joueurs étrangers (Chinois, Russes, Slovènes, etc.) qui échangent des paroles dont on ignore totalement le sens. Celles-ci peuvent être anodines comme elles peuvent signifier une collusion. En-dehors des Etats-Unis il est de plus en plus courant d'appliquer cette loi, l'anglais étant devenu la langue internationale du poker. On observe aussi l'autorisation de s'exprimer en langue locale, ce qui est la moindre des choses.

LOI 15 - Téléphone portable

Un joueur qui utilise son téléphone portable, autant pour appeler que pour recevoir un appel, doit quitter la table.

Ceux qui ont dû entendre les petites affaires personnelles de tel ou tel joueur, l'empêchant de jouer convenablement, comprendront cette mesure. Pourtant, si elle est généralisée en tournoi, elle est rarement appliquée en cash-games.

LOI 16 - Jetons étrangers

Il n'y aura pas de jetons étrangers sur la table sauf pour pouvoir poser sur une carte dans le but de la protéger.

Cette loi autorise les joueurs supersticieux à utiliser un "jeton fétiche" qui ne joue évidemment pas dans le tournoi. Là encore, elle intervient pour éviter les débordements, par exemple de joueurs qui viendraient avec une ribambelle de jetons fétiches, ce qui induirait en erreur les adversaires quant à la hauteur exacte de leur tapis.

LOI 17 - Changement de cartes

Les changements de jeu de cartes se feront lors des changements de donneur ou lors des changements de palier, ou aux moments indiqués par le club. Les joueurs ne peuvent pas demander à changer de jeu de cartes.

On se souvient de cette règle très ancienne qui veut que les joueurs perdants ont le droit de demander à changer de jeu. La normalisation du poker international et la gestion des personnels et des matériels l'effacent et la remplacent par cette loi, d'ailleurs totalement acceptée dans tous les clubs du monde. J'ajouterai cependant que, si un joueur remarque qu'une carte est marquée ou abîmée, il doit aussitôt le signaler au donneur qui demandera un nouveau jeu.

LOI 18 - Début du coup

Quand un palier est écoulé et que le nouveau palier est annoncé, les nouvelles limites de blinds s'appliquent à partir du coup qui suit le coup en cours. Un coup démarre lors du premier mélange.

Il est important de savoir quand un coup démarre.?Quand la première carte est donnée ? Quand les blinds ont été postés ? Quand le premier mélange a eu lieu ? La TDA a opté pour la troisième solution.

LOI 19 - Recave

Un joueur ne peut pas manquer un coup. Si un joueur annonce son intention de se recaver avant la donne de la première carte, il est obligé de se recaver quoi qu'il arrive [et il est censé posséder ses jetons même s'il ne les a pas encore reçus physiquement, ce qui, entre autres, le contraint à poster le blind].

Cette loi peut paraître un peu raide, mais encore une fois, il s'agit de limiter les annonces fantaisistes. Une annonce verbale engage son auteur.

LOI 20 - Evaluation du tapis adverse

Les joueurs doivent laisser bien en vue leurs jetons aux valeurs les plus élevées.

Les débutants l'ignorent mais cette loi est primordiale, surtout en pot-limit et en no limit. Car dans ces deux types d'enchères, le montant du tapis est un critère parfois plus important que les cartes en présence !
Par exemple, à quoi cela sert-il de relancer un joueur s'il a un tapis minuscule ? Inversement, vous pouvez ne voir qu'un petit tapis chez l'adversaire, le relancer de cette hauteur, et à votre grande surprise, il vous sur-relance en sortant de derrière ses jetons visibles une pile de gros jetons !
L'idée sous-jacente à cette loi est que les joueurs doivent tous évaluer le montant du tapis adverse d'un seul coup d'oil sans avoir à le lui demander.

LOI 21 - Paroles

Les déclarations verbales d'un joueur concernant la nature de sa main sont sans objet. L'organisateur peut pénaliser un joueur qui fait de fausses annonces délibérées.

On revient toujours au sacro-saint critère de respect de l'adversaire, du combat contre l'intox. A l'extrême, une table de poker pourrait être muette sans altérer le jeu.

LOI 22 - "Chasse au lapin"

Quand un joueur gagne avant d'avoir vu toutes les cartes du tableau, s'il demande au donneur de montrer les cartes qui seraient tombées, celui-ci refusera systématiquement.

Certains joueurs sont coutumiers de cette "chasse au lapin" qui est tout ce qu'il y a de plus stérile et de plus puéril. D'ailleurs aucun joueur d'envergure n'y sacrifie jamais. Elle présente en plus l'inconvénient de faire perdre du temps. Il en va de même avec les joueurs qui demandent à voir les cartes brûlées.

LOI 23 - Evitement du blind

Le joueur venant d'une table cassée qui évite son (ses) blind(s) intentionnellement doit acquitter le (les) blind(s) et/ou encourt une pénalité. Ces jetons seront versés au prochain pot et ne donnent aucun droit au joueur.

Il s'agit essentiellement ici du joueur qui, voyant qu'il arrive à une table en position de blind ou de surblind, se prend soudain d'une envie d'aller aux toilettes ou observe quelques minutes une autre table, ce qui lui permet d'éviter de payer ses blinds. On trouve de tout comme malice chez les joueurs de poker, y compris celle-là.

LOI 24 - Disponibilité des jetons

Tous les jetons doivent être visibles à tout moment. Aucun joueur ne doit avoir de jetons de tournoi dans ses poches. Si un joueur a des jetons dans ses poches, ils lui sont confisqués et sont soustraits de la masse globale des jetons du tournoi.

Les jetons de tournoi n'ont aucune valeur monétaire et ne servent qu'à déterminer, finalement, qui va gagner quoi dans le tournoi. Il est donc anormal qu'un joueur en ait dans ses poches. Et plus anormal encore qu'il en dérobe.

LOI 25 - Joueurs déplacés

Joueurs déplacés : dans les jeux à tableau, quand un joueur doit changer de table, c'est le surblindeur qui se déplace et qui va s'asseoir à la place vide ou à la moins bonne (à gauche du surblind).

Il s'agit des joueurs qui viennent soit d'une table cassée, soit déplacés pour équilibrer le nombre de joueurs entre deux ou trois tables.

LOI 26 - Limite de relances

Dans les tournois à limites fixes ("limit"), il y aura une limite de relances même quand il ne reste que deux joueurs dans le coup (la limite sera celle qui est appliquée habituellement par l'établissement). Une fois que le tournoi se réduit à un duel, la loi ne s'applique plus.

Cette loi distingue deux situations : le duel à la fin d'un coup et le duel à la fin du tournoi, quand il ne reste que deux joueurs en lice. Dans ce dernier cas, les relances n'ont plus de limite, ce qui se comprend d'un point de vue stratégique.

LOI 27 - Carte retournée

Dans les studs, si l'une des deux premières cartes fermées d'un joueur sont vues du fait d'une erreur du donneur, il y a maldonne et on doit redonner le coup.

Ce n'est que justice. Auparavant, le joueur acceptait ou non la carte, à son propre choix. Cette loi unique est plus juste pour tout le monde.

LOI 28 - Protection de la main

Si un donneur disqualifie une main non protégée, son propriétaire n'a aucun recours et ne peut pas prétendre à récupérer ce qu'il a déjà misé. Exception : quand un joueur a relancé et que sa relance n'a pas encore été suivie, il peut récupérer le montant de sa relance.

Il faut toujours protéger sa main. Pour ce faire, il faut la garder dans ses doigts, poser ses doigts dessus ou la mettre sous une pile de jetons. Il faut aussi l'avoir très près de soi.

LOI 29 - Les cartes parlent

Le donneur ne peut pas disqualifier une main gagnante qui a été ouverte et qui était de toute évidence la main gagnante.

Cette loi rejoint l'idée, déjà signalée ailleurs par Bob Ciaffone, selon laquelle un joueur qui pense avoir gagné le coup doit - éthiquement parlant - abattre ses cartes le premier.
C'est d'ailleurs ce que devrait faire systématiquement celui qui possède la main "max", c'est-à-dire un jeu imbattable.

LOI 30 - Annonces

Les déclarations verbales engagent les joueurs quand ils les profèrent au moment où c'est à leur tour de parler.
Les déclarations verbales peuvent engagent les joueurs quand ils les profèrent au moment où ce n'est à leur tour de parler.

On voit la nuance : les organisateurs de tournois ont une certaine amplitude pour appliquer ou non des sanctions envers les joueurs qui sont trop bavards.

LOI 31 - Modification

Les organisateurs se réservent le droit d'annuler ou de modifier un tournoi comme bon leur semble dans l'intérêt de l'établissement ou des joueurs.

Cette loi peut paraître discutable mais on la comprend dans certains cas extrêmes déjà observés. Par exemple, quand un tournoi est à 1.000 euros et n'attire qu'une dizaine de joueurs, l'organisateur peut décider au dernier moment de le mettre à 500 euros, ce qui attirerait une vingtaine de joueurs supplémentaires.
Cette loi ne comportant aucune limite, son application peut donner lieu à tous les abus, mais il faut faire confiance au sérieux des établissements de jeu pour l'appliquer dans le respect des joueurs. Un établissement qui abuserait les joueurs finirait par perdre sa clientèle et aurait mauvaise réputation, ce qui n'est jamais bon pour le business.

LOI 32 - Nouvelle position

Les joueurs venant d'une table cassée endossent les droits et devoirs attachés à leur nouvelle position. Ils peuvent être au surblind, au blind, au bouton. Exception : ils ne peuvent pas recevoir de main s'ils s'assoient entre le blind et le bouton. Un joueur déplacé pour équilibrer les tables doit s'asseoir à la moins bonne place disponible. Une situation de "bouton mort" peut advenir.

Vous pouvez vous demander comment un joueur peut s'asseoir entre le blind et le bouton. Si le sublindeur vient juste de sauter, le bouton passe au blindeur du coup précédent et le nouveau blindeur est le joueur qui était à gauche du surblindeur. La place est donc libre entre le bouton et le blindeur et il est normal que le nouveau venu ne participe pas au coup.

LOI 33 - Echelle des pénalités

Les pénalités appliquées par le commissaire de tournoi sont, dans l'ordre croissant : l'avertissement verbal, puis les suspensions de dix, vingt, trente et quarante minutes. Elles peuvent aller jusqu'à la disqualification. Les jetons d'un joueur disqualifié seront soustraits de la masse globale des jetons du tournoi.

Il n'existe pas à proprement parler de barême de sanctions, comme il en existe par exemple dans le football. La gravité de la faute commise est à l'appréciation du commissaire de tournoi.

LOI 34 - Commentaires verbaux

Les joueurs doivent préserver les autres joueurs dans le tournoi à tout moment. Il est interdit de commenter les coups.

Cette loi générale, la loi du respect mutuel, est instinctive chez la plupart des joueurs, mais hélas, elle nécessite des sanctions pour d'autres qui semblent incapables de se faire violence. En poker comme partout, il y a des gens fréquentables et d'autres qui le sont moins.

LOI 35 - Cartes exposées

Un joueur qui expose ses cartes pendant un coup peut encourir une pénalité mais sa main n'est pas disqualifiée.

C'est le cas soulevé en préambule de ce chapitre. La TDA ne disqualifie pas la main car la révélation d'une ou de plusieurs cartes pénalise celui qui les dévoile. Mais la TDA pourrait réfléchir au fait que c'est aussi une arme utilisée par les amateurs d'intox pour dérouter l'adversaire.

LOI 36 - Relance

En pot-limit et en no limit, quand il relance, un joueur doit payer sa relance en un seul dépôt de jetons ou annoncer verbalement le montant de celle-ci. En se limitant à prononcer le mot "relance", le joueur peut effectivement relancer, mais sa relance doit alors être payée en un seul dépôt de jetons, sauf bien sûr s'il annonce en plus le montant de sa relance.

Cette loi définit clairement les règles concrètes du dépôt de jetons dans le cas d'une ouverture ou d'une relance. Elle met fin une fois pour toutes à ces intox d'antan où un joueur mettait les jetons pour suivre, puis, après avoir vu une seconde la physionomie adverse, décidait de relancer. De nos jours, on suit et on relance en un seul geste ou en une seule annonce. Cela peut d'ailleurs conduire à des erreurs. Par exemple, quand les jetons collent, il arrive que le joueur qui désire suivre relance sans le vouloir, simplement parce que deux ou trois autres jetons ont collé au jeton qu'il a saisi. Une fois les jetons sur le tapis, il n'est plus possible de récupérer la relance involontaire, sauf bien sûr si le joueur a annoncé auparavant "je suis" ou "call".

LOI 37 - Copinage

Dévoiler verbalement le contenu de sa main ou conseiller un joueur sur la façon de jouer peut déclencher une pénalité.

Il s'agit ici de lutter contre les copinages. Des joueurs qui ont l'habitude de se rencontrer peuvent avoir des velléités de sauvegarde mutuelle ("soft play"). Par exemple, l'un peut dire "J'ai les As" ou encore "Jette ta main, j'ai déjà ma couleur". Ce comportement est bien sûr inacceptable parce qu'il n'est pas correct vis-à-vis des autres joueurs. Il mérite par conséquent une sanction.

LOI 38 - Droit à la relance

En no limit, une relance qui n'est pas au moins égale à l'enchère précédente ne permet pas à un joueur suivant de relancer à son tour.

Ce sera le cas quand un joueur relance all-in et que cette relance est inférieure à l'enchère en cours. Précisons que, si un joueur après lui n'a pas encore parlé, il a tout à fait le droit de sur-relancer. En revanche, si cette relance all-in vient du dernier joueur à parler après l'ouverture précédente, la loi s'applique de plein droit.

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