La stratégie
Au pied du mur !
Eh bien, c'est parti..
Quelques courtes semaines à préciser le contour du projet avec les responsables de l'EFP et nos amis d'EverestPoker, et la fin de l'année est déjà là : juste le temps de faire la fête avec la famille d'abord, les copains et copines ensuite, et au réveil, le grand plongeon dans les Sit&Go !
L'article sur la gestion du gestion du capital jeu explicite parfaitement les enjeux, mais aussi les règles que je vais m'obliger à respecter durant ces deux mois. Cet article a pour but de vous exposer les contraintes concrètes induites par ces règles, la stratégie que je vais adopter, les indicateurs. Je publierai deux types de comptes rendus :
- un compte rendu hebdomadaire sur le site de l'EFP, ici même, pour que vous ayez en vue le déroulement de l'opération en toute transparence,
- un compte rendu journalier sur le blog du site Everest Poker dédié à l'opération où je raconterai les parties, les coups marquants, les bonnes et moins bonnes rencontres.
Bref, voici comment je vais m'y prendre.
Le cadre et les contraintes
Le challenge va durer 9 semaines
Naturellement, pour que le suivi de l'opération soit intéressant à suivre, et représente un réel challenge, la durée de deux mois représente un accéléré de ce que tout joueur sérieux, avec une vie professionnelle et familiale, pourrait accomplir en un à deux ans.
C'est une des deux seules vraies différences entre ce challenge et nos recommandations en matière de gestion de bankroll. A ceci près, l'ensemble des règles seront les mêmes.
A priori, je planifie un maximum de 8 heures de jeu par jour, 6 jours par semaine.
Il se déroulera intégralement sur le site d'Everest Poker
L'engagement est clair : moi seul jouerai ces parties, pas de « travail d'équipe » en 3x8, pas de remplacement. Une des difficultés de ce challenge est justement de maintenir un bon niveau de jeu en permanence, une concentration dans toutes les parties, une adaptation aux niveaux croissants de joueurs au fur et à mesure des montées de buy-in.
La relation quotidienne que j'en ferai permettra à tous ceux qui le désirent de voir les tournois sur le site d'Everest, et bien sûr d'y participer !
Je ne jouerai que des Sit&Go en table pleine (10 joueurs)
Des tournois réguliers du site, d'ailleurs, en aucune façon des parties spécialement constituées : ça signifie que je rencontrerai les joueurs du site dans leur diversité, sans choix possible autre que celui offert à tout joueur.
Bankroll
C'est bien entendu à la fois le sujet de ce challenge, et ma contrainte majeure.
$10 à $1.000 en deux mois !
Ces montants et cette durée ont été choisis de façon à être à la fois réalisables, et aussi un véritable défi : il faut tout de même faire progresser en moyenne la bankroll de 67% toutes les semaines, en rattrapant évidemment les inévitables périodes néfastes !
Sur deux mois (9 semaines), le plan de progression idéal est le suivant :
| Semaine | Date | Bankroll |
|---|---|---|
| 0 | 01/01/2008 | 10 |
| 0 | 08/01/2008 | 17 |
| 0 | 15/01/2008 | 28 |
| 0 | 22/01/2008 | 46 |
| 0 | 29/01/2008 | 77 |
| 0 | 05/02/2008 | 129 |
| 0 | 12/02/2008 | 215 |
| 0 | 19/02/2008 | 359 |
| 0 | 26/02/2008 | 599 |
| 0 | 04/03/2008 | 1.000 |
Cette progression implique, en Sit&Go, une moyenne de 5 à 8 heures de jeu par jour, en étant gagnant en moyenne bien sûr, tout en nécessitant une gestion très rigoureuse de la bankroll, des buy-in et des risques. et c'est justement le thème majeur du contenu éditorial !
Les interdits
- Déposer, ou re-déposer de l'argent sur le compte : il faut partir de $10, pas question de renflouer la bankroll autrement qu'en jouant dans les règles !
- Jouer un tournoi d'un buy-in supérieur à 10% de ma bankroll du moment : c'est le principe absolu de ce challenge ! C'est la seconde et dernière différence avec notre recommandation de l'article stratégique, qui est de 5%. Là encore, c'est afin de réduire la durée, mais aussi en tenant compte que j'ai personnellement déjà une expérience aux buy-in de $50 ou $100.
- Continuer à jouer à un niveau inférieur à ce que me permet la règle des 10%. Dit autrement, je m'obligerai à l'appliquer strictement, que cette barre des 10% soit franchie dans un sens ou dans l'autre ! (soit dit en passant, cela n'est pas une règle que nous recommandons à tous d'appliquer systématiquement. Mais c'est une excellente façon de vaincre, en la banalisant, la crainte d'affronter de meilleurs joueurs avec un enjeu supérieur : si notre règle le permet, c'est qu'on le peut ! à l'inverse, la redescente en cas de diminution de la bankroll ne doit être différée sous aucun prétexte !)
- Rien d'autre que des Sit&Gos en table pleine. Pas de grand tournoi multitable, pas de table réduite, pas de tête à tête, pas de cash-game !
- Rien d'autre que du Hold'em No-Limit (NLH) : pas de Limit ni Pot-Limit, pas d'autres variantes de poker (Omaha, Stud,.)
- Pas question de laisser quiconque d'autre jouer sur mon compte.
Les variables d'ajustement
Quelles seront alors mes marges de manouvre si besoin ? J'aurai bien sûr les possibilités qu'a tout joueur :
- Choisir ses heures en fonction de la forme du moment
- Choisir ses places à table quand on connaît certains joueurs (ça ne sera vrai que sur la fin, en raison du nombre de joueurs beaucoup plus important aux tables moins chères)
- .
- La principale, à ne jamais oublier : faire une pause, et oublier le poker pendant un temps. Bien sûr, là encore le challenge sur deux mois implique une échelle de temps concentrée, un jour d'arrêt pour moi ici représentera une semaine « normale »
Trois seules possibilités me restent, en cas de retard sur le plan de marche du challenge, voire de bankroll réduite :
- Jouer un peu plus longtemps : en cas de besoin, et bien sûr en gardant lucidité et selon ma forme, je pourrai m'autoriser à effectuer des heures supplémentaires (rien à voir avec des débats en cours par ailleurs, même si c'est pour gagner plus !)
- Le multi-tabling : en jouant plusieurs tables simultanées, j'augmente mon gain horaire, même si le rendement moyen par tournoi diminue (cf. chapitre ROI)
- Et en toute dernière extrémité, si ma bankroll tombait à zéro. Il est évident que je vais tout faire pour l'éviter, mais ça peut toujours arriver, et à n'importe qui : il me restera la dernière bouée de sauvetage, les tables « shasta » : une belle spécificité d'Everest Poker, qui permet à des joueurs débutants de participer gratuitement à des Sit&Go, avec un prize-pool offert par le site de $0,10. Ce serait alors plus que sportif de repartir de là pour atteindre les $1.000, mais au pire il vaudrait mieux ça que de devoir tout arrêter, non ?
Les indicateurs de suivi
1) Le ROI
Le ROI, ou retour sur Investissement, est de loin l'indicateur majeur de ses résultats en tournoi, et donc en Sit&Go.
Parce qu'il intègre tous les autres facteurs en un chiffre unique (buy-in, gains, prélèvements...)
Sa formule, comme indiqué dans l'article stratégique :
En comptant bien sûr le prélèvement du site (ou du cercle en live), dont l'ordre de grandeur est du même niveau que les gains.
À quels montants peut-on s'attendre ?
| ROI | qualification du joueur gagnant | |
|---|---|---|
| 0 | moyen | compense les 10% de prélèvement (« fee ») |
| 1 - 5% | modéré | léger bénéfice résiduel |
| 6 - 10% | standard | gain régulier |
| 11 - 15% | élevée | devrait monter de niveau |
| 16 - 20% | très élevée | professionnel aguerri |
| > 20% | irréaliste | possible sur une courte série seulement |
Ces montants sont tirés d'une étude internationale portant sur des millions de tournois, et repris avec l'accord de l'auteur de l'excellent livre de ManuB, Poker : Passer Pro.
Il est important de savoir que la qualification du joueur par son ROI à un niveau donné est une indication d'autant plus fiable que le nombre de parties est élevé, c'est une loi statistique.
Une fiabilité correcte de ce résultat n'est atteinte que pour un bon millier de tournois joués ! C'est au fond facile à comprendre : 5 « bulles » perdues au lieu de gagnées sur 100 parties peut vous faire passer de bon gagnant à perdant ! Je rappelle que la bulle est la place qui précède la place la moins payée. En l'occurrence, en Sit&Go où trois places sont payées, la bulle est la quatrième place.
2) Le nombre de tournois par semaine
Un Sit&Go on-line peut durer quelques minutes si on le perd très vite, plus souvent entre trois quarts d'heure et une heure un quart en allant à sa finale.
Mon plan de marche est basé sur un ROI moyen de 12%, sachant que naturellement il devrait être supérieur sur les premiers niveaux, et baisser ensuite quand le niveau des adversaires monte.
Je vous épargne le calcul détaillé :
Avec un ROI de 12%, cela demande 45 Sit&Go par semaine, soit 8 par jour, ou 8 heures (tiens, comme par hasard ce que j'avais prévu !)
Cela représente à peu de choses près une progression de la bankroll de 8% par jour, ce qui n'a l'air de rien. mais tous les jours !
Toutes les semaines, je publierai un tableau détaillé, avec toutes les parties jouées :
- Le jour et l'heure
- Le buy-in
- Le résultat
- L'évolution de la bankroll, avec une courbe comparative au regard de la progression « idéale ».
3) Le multi-tabling sera un choix à certaines étapes.
La première condition pour en faire usage est de bien maîtriser le niveau technique du jeu pratiqué.
En effet, multi-tabler diminue de façon quasi mécanique le ROI, en raison de la diminution des temps de réflexion pour l'essentiel. Cela oblige à une concentration extrême, vite fatigante, et à des décisions plus arbitraires basées sur moins de critères (pas le temps de repérer et d'utiliser les défauts de chaque adversaire, entre autres). Cela requiert aussi une rigueur et un contrôle de soi accrus, car un moment d'inattention, ou pire, un « tilt » après un bad beat peuvent faire perdre non pas un, mais plusieurs tournois.
Sous ces conditions, et en partant d'un ROI solide en table unique, si par exemple mon ROI n'est divisé que par quatre en jouant six tables simultanées, mon gain par heure de jeu croîtra de 50%, ce qui est énorme.
Dans la pratique de ce challenge, je ne prévois pas de multi-tabler au tout début, afin de pas trop prendre le risque d'une forte chute de la bankroll, ni probablement aux plus hauts buy-in, où les tables sont moins nombreuses, et les joueurs plus difficiles à battre !
Ce sera donc une option que j'utiliserai dans la zone intermédiaire :
- soit pour rattraper un retard le cas échéant,
- soit pour diminuer mon horaire de jeu par moments.
4) La structure des Sit&Go sur Everest Poker
Des parties sont proposées à des buy-in qui couvrent, et au-delà, l'éventail nécessaire pour ce challenge. Mais qui sait ? Une mauvaise passe pourrait m'amener à descendre aux plus petites tables afin de respecter les règles de gestion de bankroll.
A l'inverse, si je parvenais à atteindre l'objectif de $1.000 plus tôt que prévu, je poursuivrai selon les mêmes règles aux tables de $100, voire de $200.
Voici toutes ces tables, avec leur dénomination dans le « lobby » d'Everest :
| buy-in | tables |
|---|---|
| 0,01 | shasta |
| 0,10 | K2 |
| 0,25 | Pelee |
| 0,50 | Aracar |
| 1,00 | Putana |
| 2,50 | Maipo |
| 5 | Usluga |
| 10 | Purace |
| 20 | Galeras |
| 50 | Ubinas |
| 100 | Sangay |
| 200 | Colima |
Les shasta sont réservées aux joueurs débutants, à qui Everest offre le $0,01 de buy-in !
La structure de jeu est en revanche exactement la même sur toutes ces tables :
- La partie démarre quand 10 joueurs sont assis
- 1.000 jetons sont donnés au départ à chaque joueur
- Les blinds commencent à 5-10, ce qui fait d'Everest un des sites où l'on peut pratiquer le plus beau jeu en Sit&Go (un M* de départ de 67, alors qu'on voit souvent 50, voire moins)
- Ils montent ensuite toutes les dix minutes selon les niveaux successifs :
| Niveau | Petit blind | Surblind | Ante |
|---|---|---|---|
| 1 | 5 | 10 | 0 |
| 2 | 10 | 20 | 0 |
| 3 | 15 | 30 | 0 |
| 4 | 20 | 40 | 0 |
| 5 | 30 | 60 | 0 |
| 6 | 50 | 100 | 0 |
| 7 | 75 | 150 | 0 |
| 8 | 100 | 200 | 0 |
| 9 | 150 | 300 | 0 |
| 10 | 150 | 300 | 25 |
| 11 | 200 | 400 | 50 |
| 12 | 300 | 600 | 75 |
| 13 | 400 | 800 | 100 |
| 14 | 600 | 1200 | 125 |
| 15 | 800 | 1600 | 150 |
| 16 | 1000 | 2000 | 200 |
| 17 | 1500 | 3000 | 300 |
Bien entendu, le tournoi s'arrête lorsque l'un des joueurs l'a remporté en accumulant la totalité des 10.000 jetons en jeu. On n'atteint donc jamais, ou de façon exceptionnelle, les derniers niveaux ! à noter que 6 niveaux = 1 heure
Le tableau de marche
Voici donc le tableau qui représente l'idéal à viser au long de ces 2 mois.
Tous les jours vous pourrez en suivre l'évolution réelle en comparaison.
Bonnes fêtes à toutes et à tous ! Rendez-vous le 1er janvier !

